La certification périodique, instaurée par la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, entre aujourd’hui dans une phase concrète de mise en œuvre pour les masseurs-kinésithérapeutes.
Suite à la publication des décrets du 26 décembre 2025 et d’un arrêté en date du 26 février 2026, ce dispositif devient désormais obligatoire pour tous les kinésithérapeutes en exercice, qu’ils soient libéraux ou salariés.
Un objectif clair : garantir la qualité des soins
Cette certification vise à assurer l’actualisation régulière des connaissances et des compétences tout au long de la carrière. Elle s’inscrit dans une démarche globale d’amélioration continue, au service de la qualité et de la sécurité des soins délivrés aux patients.
Un cycle structuré sur plusieurs années
Le dispositif repose sur un cycle de certification organisé autour de 4 axes principaux, sur une durée de :
- 6 ans pour les professionnels ayant débuté leur activité à partir du 1er janvier 2023
- 9 ans pour les kinésithérapeutes déjà en exercice avant le 31 décembre 2022
Durant ce cycle, chaque professionnel devra réaliser 8 actions, soit 2 actions par axe.
Un accompagnement par les instances professionnelles
La mise en œuvre de cette certification s’appuie sur plusieurs acteurs clés :
- Le Collège de la masso-kinésithérapie (CMK), qui élabore les référentiels et accompagne les professionnels
- L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, qui informe, alerte et contrôle le respect des obligations
- L’Agence du numérique en santé (ANS), en charge du développement du téléservice national
« Ma Certif’Pro Santé » : un outil central à venir
Le dispositif reposera sur un téléservice national baptisé « Ma Certif’Pro Santé », actuellement en cours de développement.
Cette plateforme permettra à chaque kinésithérapeute de :
- suivre ses actions de formation
- visualiser l’avancement de son parcours
- centraliser ses démarches
Le système ne sera pleinement opérationnel qu’à sa mise en service officielle.
Un référentiel pour guider les pratiques
Le référentiel, élaboré par le CMK et validé par la Haute Autorité de santé (HAS), constitue un document essentiel.
Il précise :
- le contenu des actions de formation attendues
- les modalités de mise en œuvre pour chacun des 4 axes
- les exigences à respecter pour valider son parcours
D’ores et déjà, les professionnels sont encouragés à poursuivre leurs formations. Les actions réalisées depuis le 1er janvier 2023 pourront être prises en compte, notamment dans le cadre du Développement Professionnel Continu (DPC) et de l’Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP), sous réserve de conformité avec le référentiel.
Vigilance face aux dérives commerciales
L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes alerte sur la multiplication de sites frauduleux et de démarches commerciales agressives autour de la certification périodique.
Certains acteurs proposent des parcours “clé en main” contre rémunération, en prétendant s’appuyer sur le futur dispositif officiel.
👉 Il est fortement recommandé de faire preuve de prudence :
- ne pas répondre aux sollicitations douteuses
- vérifier les sources
- privilégier les informations issues des instances officielles
En conclusion
La certification périodique marque une évolution majeure dans le parcours professionnel des kinésithérapeutes.
Si sa mise en œuvre complète dépend encore du déploiement du téléservice national, il est dès à présent essentiel d’anticiper ses obligations en poursuivant une démarche active de formation et de développement des compétences.
